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| « Salvo Montalbano » |
| Mardi 30 Mars 2010 |
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Salvo Montalbano est commissaire en chef de Vigatà, petite ville imaginaire de Sicile qui abrite bien des mystères et des crimes sordides. Flanqué de ses pittoresques acolytes il mène l’enquête en faisant travailler sa « coucourde » – ses méninges, en version sicilienne. Et s’il rechigne parfois à la tâche, désespérant de la nature humaine, de la bureaucratie et du pouvoir officieux de la mafia, le commissaire résout brillamment toute sorte d’énigmes, comme celle des deux cadavres d’amants enlacés, découverts dans une grotte restée fermée pendant 50 ans, un chien en terre cuite à leurs pieds. (Chien de faïence)
Bougon et soupe au lait, Montalbano est respecté par ses hommes qui préfèrent néanmoins se tenir à l’écart quand il est dans ses mauvais jours : ceux de conférence de presse et de séance chez le « barbier » (coiffeur), les deux allant souvent de paire.
« Le barbier, son commis et un client […] étaient plongés dans une discussion animée, mais à la vue du commissaire, ils se turent. Montalbano était entré avec ce que lui-même appelait sa « tête de barbier », à savoir bouche ramenée à une fente, yeux mi-clos et soupçonneux, sourcils froncés, expression à la fois méprisante et sévère. » Chien de faïence, p. 64.
Mais si le commissaire passe son temps à maugréer, ce fin gourmet retrouve le sourire devant les petits plats que lui mijote Adelina, vieille dame qui s’occupe de sa maison, et ceux de son auberge favorite.
« Devant l’auberge San Calogero, il resta indécis : l’heure du déjeuner était venue, certes, […] mais l’idée née dans son esprit à la vue du film, et qui devait être vérifiée, le poussait à foncer au crasticeddru. Le parfum des rougets frits qui émanaient du restaurant emporta le duel. Il mangea un hors-d’œuvre de fruits de mer spécial, puis se fit servir deux loups si frais qu’ils semblaient encore dans l’eau à nager. » Chien de faïence, p. 105.
Les romans de Camilleri forment un cocktail détonnant d’humour et de mélancolie, d’ironie et de violence, qui rendent toute la saveur de la Sicile, cette Sicile aux paysages arides si chère à Montalbano.
« Le commissaire commença à observer cette partie du paysage de son île qui lui plaisait le plus […] Collines arides, tels de gigantesque tumulus, couvertes seulement de touffes jaunes d’herbes flétries, abandonnées par la main de l’homme vaincu par la sécheresse […] interrompues de temps en temps par le gris d’aiguilles rocheuses, absurdement nées de rien ou peut-être tombées d’en haut, stalactites ou stalagmites de cette profonde grotte à ciel ouvert qu’est la Sicile. » Chien de faïence, p. 75
Ses enquêtes :
La forme de l’eau
Chien de faïence
Le voleur de goûter
La voix du violon
La démission de Montalbano
L’excursion à Tindari
Le tour de la bouée
La première enquête de Montalbano
À plus de 80 ans, Camilleri, ami de Leonardo Sciascia, a derrière lui une longue carrière à succès de metteur en scène pour le théâtre, la radio et la télévision, où il a adapté Maigret. Auteur de poèmes et de nouvelles, il s’est mis sur le tard à écrire dans la langue de cette Sicile qu’il a quittée très tôt pour y revenir sans cesse. Depuis de nombreuses années, la rumeur d’abord, puis l’intérêt des médias ensuite, ont donné naissance en Italie à ce que l’on appelle le « phénomène » Camilleri : ses livres sont régulièrement en tête des ventes en Italie. |
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